Qui était le baron Haussmann ?
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Qui était le baron Haussmann ?

La première fois qu’on m’a dit que je regardais du Paris « haussmannien », je n’avais aucune idée de ce que cela voulait dire. J’étais debout sur une large avenue, quelque part entre les Champs-Élysées et l’Opéra, en train de regarder une rangée d’immeubles qui semblaient tous porter la même tenue : pierre claire, hautes fenêtres, un balcon en fer forgé au même étage sur chaque bâtiment, le même toit gris incliné selon le même angle. Cela avait l’air pensé, voulu, à l’échelle d’une rue entière plutôt que d’un seul immeuble. Et c’était le cas.

Pourquoi Paris a un seul visage plutôt que plusieurs

Cette uniformité porte un nom, le baron Georges-Eugène Haussmann, et une fois qu’on le sait, on ne peut plus l’oublier. Ce n’était pas un architecte et il n’a pas dessiné lui-même les façades. C’était le fonctionnaire chargé de reconstruire Paris au XIXe siècle, et ce qu’il contrôlait réellement, c’était le règlement : la hauteur autorisée d’un immeuble sur une avenue donnée, la pierre à utiliser, l’emplacement des balcons, l’inclinaison du toit. Des architectes différents ont construit des bâtiments différents sous ces mêmes règles, ce qui explique justement pourquoi le résultat se lit comme un paysage de rue continu plutôt que comme une collection de déclarations individuelles. C’est une cohérence par réglementation, pas par une seule main.

Avant cette reconstruction, Paris ressemblait à beaucoup d’autres vieilles capitales européennes : un noyau dense et emmêlé de rues médiévales étroites, des ruelles qui tournaient et s’arrêtaient en impasse, des bâtiments qui avaient poussé sans plan au fil des siècles. Une partie de ce tissu ancien survit si l’on sait où regarder, des îlots du Marais et du Quartier latin et Saint-Germain conservent encore ces rues plus étroites et plus anciennes, et passer d’un de ces îlots à une avenue haussmannienne est une sensation physique vraiment différente. La rue s’élargit, le ciel s’ouvre, et les bâtiments cessent de se pencher sur vous.

Ce qu’a fait la reconstruction, en termes simples, c’est percer de larges avenues droites dans cet ancien enchevêtrement et les border des bâtiments réglementés que je viens de décrire. C’est pourquoi Paris n’a pas ce noyau médiéval soudainement claustrophobe que certaines autres capitales ont gardé intact, et possède à la place cette longue succession de boulevards ouverts qui relient monuments, places et gares dans des perspectives rectilignes. Je ne prétendrai pas connaître la longueur exacte de boulevard concernée ni une date précise pour chaque tronçon ; ce niveau de détail relève d’une véritable étude historique, pas d’une impression de marcheur. Ce que je peux vous dire honnêtement, c’est ce que cela fait à l’expérience de la ville à pied : on obtient de longues perspectives lisibles vers un dôme ou un arc au bout d’une rue, au lieu de perdre ses repères dans un labyrinthe.

Ce qu’il faut vraiment repérer

Une fois qu’on commence à le remarquer, le motif est partout et cesse de paraître abstrait. Placez-vous sur la Rive Droite près de l’Opéra et regardez presque n’importe quelle avenue en étoile ; la même pierre crème, la même ligne de corniche, se répète pâté de maisons après pâté de maisons. Traversez vers la Rive Gauche et vous retrouvez la même discipline, avec juste une texture locale légèrement différente. Ce n’est pas un ornement gratuit. Cela donne à Paris quelque chose que beaucoup de villes de son âge n’ont pas : un rythme à hauteur de rue que l’on peut lire d’un coup d’œil, des bâtiments qui s’accordent avec leurs voisins au lieu de leur faire concurrence.

Je trouve que c’est plus facile à voir depuis un toit-terrasse ou un point de vue élevé, où la ligne de toit uniforme se transforme en un motif réellement visible s’étirant vers l’horizon ; quelques-uns des meilleurs points de vue pour cela méritent d’être recherchés délibérément plutôt que découverts par hasard. C’est aussi visible de près dans certains bâtiments construits comme des vitrines de ce style, des grands magasins notamment, où la même grammaire de façade a été appliquée à une échelle plus grandiose, plus ornementée.

une visite à caractère patrimonial à l’intérieur du bâtiment des Galeries Lafayette Haussmann

est une façon concrète de voir cette grammaire appliquée à l’intérieur, sous une coupole de vitraux, et pas seulement depuis la rue. Si vous préférez qu’on vous raconte la reconstruction en marchant devant, un guide privé peut pointer les détails, hauteurs de corniche, emplacement des balcons, angles de toiture, faciles à manquer seul.

une balade en voiture ancienne combinée à une marche dans le Marais

est une bonne façon de ressentir directement le contraste, puisqu’elle vous fait passer entre les larges avenues réglementées et l’un des quartiers anciens qui a gardé son tracé de rue d’avant la reconstruction, dans la même sortie.

Là où cela ne va pas

Il faut être honnête : tout ce que vous traverserez n’est pas haussmannien, et je ne pense pas que la ville y gagne à prétendre le contraire. Montmartre, perché sur sa colline, a gardé un tracé de type village que la reconstruction a largement laissé de côté, ce qui explique en partie pourquoi il ressemble à une autre ville greffée sur le reste de Paris. Les coins les plus anciens du Marais et des portions du Quartier latin ont eux aussi gardé leurs rues plus étroites et plus anciennes. Connaître cette différence aide à comprendre pourquoi une même après-midi à Paris peut donner l’impression de deux villes différentes selon la rue dans laquelle on tourne.

Si les musées et monuments de la même période vous intéressent autant que le paysage de rue lui-même, un pass valable plusieurs jours couvrant les principaux sites peut valoir la peine d’être planifié à l’avance plutôt qu’acheté sur un coup de tête.

un pass musées et monuments de Paris valable plusieurs jours

couvre une longue liste de sites sur plusieurs jours consécutifs, ce qui convient à ceux qui veulent approfondir le siècle qui a façonné la ville plutôt que de simplement en longer la surface.

Rien de tout cela ne nécessite un diplôme d’histoire pour être apprécié. Ce qui a changé mes propres visites à Paris, c’est simplement d’apprendre à regarder la ligne de toit plutôt que droit devant, vers les vitrines, et de remarquer quand une rue se rétrécit soudainement et que les façades uniformes disparaissent. Ce basculement, entre large avenue haussmannienne et ruelle ancienne emmêlée, puis retour, est l’une des façons les plus honnêtes de lire cette ville en la parcourant à pied.

Pour un premier itinéraire structuré à travers le centre qui vous fera passer par les deux types de rue dans la même journée, un itinéraire d’une journée à Paris est un point de départ raisonnable, et si vous voulez la logique de numérotation derrière les quartiers eux-mêmes plutôt que les bâtiments, elle est expliquée à part dans notre guide des arrondissements et dans un texte complémentaire sur pourquoi Paris en compte vingt.

Questions sur le Paris d’Haussmann

Qui était le baron Haussmann ?

C’était le préfet responsable d’une reconstruction à grande échelle de Paris au XIXe siècle, l’administrateur qui a exécuté le plan plutôt qu’un architecte qui aurait dessiné chaque bâtiment.

Haussmann a-t-il dessiné lui-même les bâtiments ?

Non. Il fixait les règles, hauteur des immeubles, matériau des façades, emplacement des balcons, pente de toiture, que les architectes suivaient ensuite, ce qui explique pourquoi les bâtiments paraissent cohérents sans être identiques.

Pourquoi Paris avait-il besoin d’être reconstruit ?

Une grande partie de la ville, avant la reconstruction, était dense et étroite, avec un tracé de rue médiéval. Le nouveau plan a percé de larges avenues droites dans ce noyau ancien.

Où peut-on voir le travail d’Haussmann aujourd’hui ?

Partout où l’on trouve une large avenue d’immeubles assortis en pierre crème, avec des lignes de balcon et des angles de toit communs, sur la Rive Droite près des Champs-Élysées et de l’Opéra, et tout autant sur la Rive Gauche.

Tout Paris est-il le Paris d’Haussmann ?

Non. Des îlots de rues plus anciennes et plus étroites subsistent, notamment certaines parties du Marais et du Quartier latin et Saint-Germain, et Montmartre a conservé son propre tracé de type village, largement épargné.

Cela explique-t-il la numérotation des arrondissements ?

Non, le système de numérotation est un sujet distinct, traité dans notre guide des arrondissements plutôt qu’ici.

Existe-t-il un musée Haussmann ou une visite dédiée ?

Il n’existe pas de musée dédié à proprement parler, mais des balades centrées sur l’architecture et des visites patrimoniales, y compris à l’intérieur de bâtiments construits dans le même style, abordent régulièrement la reconstruction dans le cadre d’un tour à pied de la ville plus large ou d’un itinéraire avec guide privé.

Quelle est la meilleure façon de vraiment le remarquer en marchant ?

Regardez les lignes de toit plutôt que les vitrines, et soyez attentif quand une rue se rétrécit soudainement ; ce basculement entre large avenue réglementée et ruelle ancienne est le signe le plus clair que vous êtes passé d’une époque de la ville à une autre, quelque chose que les meilleurs points de vue de Paris rendent particulièrement visible depuis les hauteurs, et que vous traverserez aussi sur un parcours comme les balades dans le Marais ou une flânerie devant le Palais Garnier et l’Arc de Triomphe.

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